Je dis souvent que la chanson française, c'est notre « country music ». C'est une pièce de la grande mosaïque qu'est la world music.
Pour cet album, il m'est apparu nécessaire de la sortir de son contexte. J'ai fait alors appel au tandem américain, Mitchell Froom et Tchad Blake, pour la réalisation. Je connaissais leur travail de défricheur que j'appréciais énormément. Ce sont des personnes curieuses et respectueuses des autres. Leur enthousiasme à l'idée de me produire m'a sincèrement touché. La chanson française, pour eux, c'était une musique exotique au même titre que la salsa ou le raï. Ça m'allait tout à fait.
Je revenais d'une tournée au Cap Vert. J'étais sous le charme des rythmes chaloupés entendus là-bas. Ajouté à cela que je vivais alors près de belleville, dans un quartier cosmopolite, où mes voisins étaient arabes, africains, espagnols, turcs... et vous obtenez le fameux mélange d'influences qui a donné sa couleur à l'album.
Rachid Taha a traduit en arabe et récité un couplet de "La Haine est là". Suzanne Vega chante avec moi "Ainsi va l'amour".
Nouba est l'un de mes meilleurs souvenirs de studio.
K.