Pain perdu
Les miettes qui tombaient de ta bouche Quand tu riais confiant Fort d’un présent si peu farouche Qu’on croit qu’il dure tout l’temps La main sous la table sur un genou tendre La vie formidable se laisse prendre Comme le pain dans la corbeille Au milieu des merveilles Tout ce pain que l’on jette Aux lendemains de fête Ce pain qu’on oublie Entre deux appétits Tout ce pain qui s’émiette Dans les plis des serviettes Et sur les planchers vernis Qui tombe sans bruit Les miettes que des moineaux méfiants Picoraient en cachette Entre tes jambes de géant Quand tu parlais conquête Les lauriers sur la tête Aux lendemains de fête Ce pain que l’on jette Pour une fantaisie Entre deux appétits Ce pain qu’on oublie Le pain superflu Auquel on s’habitue Pain à l’abandon Nourriture aux cochons Tout ce pain qui s’émiette Dans les plis des serviettes Et sur les planchers vernis Qui tombe sans bruit Les miettes s’envolèrent sous le vent Des moineaux en colère Quand ils sont devenus méchants Comme des coups de cutter Chez les géants voici qu’on tue Pour un petit quignon de pain perdu Les lauriers sur la tête Aux lendemains de fête Ce pain que l’on jette Pour une fantaisie Entre deux appétits Ce pain qu’on oublie Le pain superflu Auquel on s’habitue Pain à l’abandon Nourriture aux cochons Toute cette pluie de miettes À la queue des comètes À la queue des comètes Tout ce pain que l’on jette Sur les planchers vernis Qui tombe sans bruit


