Les éléphants
Une nuit dans un rêve j’ai vu ce qu’est la vie Un chemin dans la savane sous un ciel insoumis Jalonné de boutiques où derrière des vitrines Brillent des porcelaines ornées d’opaline Belles porcelaines aux tendres harmonies Vases délicats de promesses sertis Que deux éléphants cherchant à se rejoindre Brisent en morceaux en tentant de s’étreindre Ce sont nos amours ces vases en équilibre Entre la passion et l’envie d’être libre Nous les éléphants, maladroits empotés Traversons des vies jonchées de pots cassés Moi, qui suis jeune à voir, qui suis jeune à vivre Qui veut des lendemains en peinture naïve Comment puis-je bien croire que sous mon épiderme Se cache le cœur lourd d’un pauvre pachyderme Triste pachyderme qui remue de la tête En pleurant le vase qu’il a réduit en miettes Ses trop grosses pattes cherchent à recoller En le caressant le beau vase brisé Ce sont nos amours ces vases en équilibre Entre la passion et l’envie d’être libre Nous les éléphants, maladroits empotés Traversons des vies jonchées de pots cassés Et pourtant je connais bien des pièces de musée Qui durent toute une vie sans même s’ébrécher Pour un coup de cœur devenu coup de tête L’objet de valeur passe par la fenêtre Brisé le ménage au pied d’une table rase Mort à la brocante le plus joli des vases Ce sont nos amours ces vases en équilibre Entre la passion et l’envie d’être libre Nous les éléphants maladroits empotés Traversons des vies jonchées de pots cassés Traversons des vies jonchées de pots cassés Traversons des vies jonchées de pots cassés Traversons des vies jonchées de pots cassés



