Le pays d'où l'on ne revient pas
Y’avait tes jambes à grimper aux buildings Dans cette ville qui se barrait en couilles Veste en faux cuir, les deux mains dans les fouilles Tu musardais reluquant les vitrines Regard en biais, le pouls dans un shaker Je suis passé près de toi, invisible Tout en moi jouait la corde sensible Tout sauf une idée têtue dans mon cœur Les parapluies, les larmes sur les murs Et mon futur au crédit de l’ennui Sans que tu saches, je t’ai alors promis Que je t’aim’rais, ma chérie, sois en sûre Je t’aimerais si je rate le coche Si aussi loin que me porte mes ailes Je n’entrevois pas d’échappée plus belle Que tes jambes pour une vie moins moche Je voudrais partir un jour Au pays d’où l’on ne revient pas Changer le cours d’un parcours Qui s’égare dans mon agenda J’aim’rais découvrir là-bas Au pays d’où l’on ne revient pas La rassurante évidence De n’être pas mort déjà Vois-tu, ma belle, les promesses de lune Dans ces vitrines à la gloire de l’instant Les poses de magazines pour conquérants Le collagène pour séduire la fortune Je n’en veux plus, dommage pour tes jambes Comme un bonheur qui me prend par la queue Mon cœur se serre en desserrant le nœud D’un lien possible avant qu’il ne me pende Je voudrais partir à temps Au pays d’où l’on ne revient pas Voir des soleils au couchant Parfum zamal et senteur combava J’aim’rais dégoter là-bas Au pays d’où l’on ne revient pas Un remède à l’impatience De n’être pas mort déjà Je voudrais partir ce soir Au pays d’où l’on ne revient pas Une île en forme d’espoir Lovée autour d’une caldera J’aim’rais apprendre là-bas Au pays d’où l’on ne revient pas Que je peux vivre deux fois Avant d’être mort déjà Y’avait tes jambes à grimper aux buildings Tu musardais reluquant les vitrines


