Journal Depuis 2002 Journal berlinois Album Panorama En Chine
Extrait 10
> Extrait  1
> Extrait  2
> Extrait  3
> Extrait  4
> Extrait  5
> Extrait  6
> Extrait  7
> Extrait  8
> Extrait  9
> Extrait 10
> Extrait 11
> Extrait 12
> Extrait 13
> Extrait 14
> Extrait 15
> Extrait 16
> Extrait 17
> Extrait 18
> Extrait 19
> Extrait 20
> Extrait 21
> Extrait 22
> Extrait 23
> Extrait 24
> Extrait 25
> Extrait 26
> Extrait 27
> Extrait 28
> Extrait 29
> Extrait 30
> Extrait 31
> Extrait 32
> Extrait 33
> Extrait 34
> Extrait 35
> Extrait 36
> Extrait 37
> Journal Berlinois
> Extrait 38
> Album Panorama
> Extrait 39
> Extrait 40
> Extrait 41
> Extrait 42
> Extrait 43
> Extrait 44
> Extrait 45
> Extrait 46
> Extrait 47
> Extrait 48
> Extrait 49
> En Chine
> Extrait 50
> Extrait 51
> Extrait 52
> Extrait 53
20/11/2004

Le plus difficile, après toutes ces années à faire des chansons, n'est pas d'en écrire, mais de ne pas rabâcher. Des chansons, j'en ai toujours qui me passent par la tête et que j'aboutis plus ou moins. Je peux écrire une chanson par jour sur un mode automatique ou référentiel. C'est distrayant, mais rien d'autre. On est dans le déjà-vu. Ce n'est pas une chanson inédite, nouvelle, de celles qui donnent envie de faire un putain de disque. En général ces dernières sont soufflées par une découverte musicale, un genre inabordé, un nouvel instrument ou de nouveaux accords détournés qui feront sonner la mélodie et les paroles de manière innovante. Ou la lecture d'un livre exaltant, troublant, dérangeant. Ou simplement une remarque incongrue tombée à point nommé. Cette fois-ci, c'est la redécouverte du rock qui a allumé la mèche. Plus précisément, le télescopage de concerts excitants qu'il m'a été donné de voir et de disques que j'ai pu entendre. J'ai senti l'exaltation me coller des frissons, j'ai foncé sans réfléchir.
La nouvelle Chanson Française, aujourd'hui tout à fait reconnue, a désormais ses conventions pour ne pas dire ses recettes. On a réhabilité tout ce qui était possible, on a réinventé le genre, mais les clichés sont déjà là. D'un côté, indigestion d'accordéon routinier, de musette chaotique à tout prix, de vocabulaire suranné; de l'autre étalage d'intimisme complaisant, minimalisme prêt-à-porter, chuchotements égotistes. Je ne condamne pas les artistes qui ont revalorisé le genre, mais le troupeau qui les suit. Les poncifs sont là. Il est temps de passer à autre chose.
Pour ne pas tomber dans le piège de l'auto-revival – ma jeunesse agitée chez les Starshooter - ni plagier les artistes qui m'ont aiguillonné, j'ai préféré partager avec eux mes nouveaux titres. Attention ! pas de duos, on frise l'indigestion. Certains ont mis mes textes en musique et d'autres ont habillé mes chansons. Ça s'est fait très spontanément, dans le feu de l'action.
Je voulais aussi m'y prendre autrement avec les mots. Je sais qu'on ne peut pas échapper à ses obsessions et, qu'au fond, on raconte la même chose toute sa vie. On peut juste tricher avec le style et les angles de vue. De ce fait j'ai eu envie de croquer des portraits, prétexte à digression, plutôt que de traiter des grands thèmes de front. À une planète près, je parle des autres, des gens que je croise sur ma route ou au supermarché. Même "je" est les autres.
C'est un disque ouvert aux autres. Laurent Voulzy a poussé le premier la porte, un jour, alors qu'on buvait un coup, tranquilles, en lançant : "Et si on faisait une chanson". La suite est une série de rencontres opportunes au bon moment, dans le bon tempo. La chance était avec moi. J'ai partagé d'excellents instantanés avec M, Mickey 3D, La Grande Sophie, Lo'Jo, Laurent Voulzy, Romain Didier et les Playback Boys et ça s'entend. D'ailleurs je me suis remis à dessiner, ce qui est bon signe. Le disque sort en janvier 2005. Il s'appelle "Bienvenue au Club".