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10/12/2002

J’ai vu Berlin. La Postdamer Platz qui était un chantier gigantesque en 1998, la dernière fois que je suis venu, est maintenant un parc architectural d’audaces modernistes. Les bâtiments rivalisent d’originalité dans leur structure et le choix des matériaux. Passé de nuit dans ces avenues est comme une visite dans un film de science-fiction immédiate. Un seul problème : tout n’est que buildings administratifs et complexes commerciaux. Après 19 heures, les rues sont désertes et abandonnées au vent. Qui sont ces hommes qui, de partout dans le monde, transforment les centres urbains en bureaux et en magasins et oublient de nous y faire vivre ?
Je logeais dans le Mitte, l’ancien centre de Berlin-Est. Des immeubles anciens, vétustes, aux façades encore criblées de balles de la seconde guerre mondiale. Il s’y passe la même chose que dans toutes les grandes villes. C’était un quartier dont personne ne voulait, mal famé, moche. Les loyers ne coûtaient rien. Se sont alors installés les immigrés, les artistes, les étudiants sans le sou. La vie a pris le dessus sur la décrépitude. C’est devenu un endroit où il fait bon aller traîner ses guêtres dans des bars improvisés qui naissent et meurent comme des champignons. On s’y couche tard, on y tchatche longuement. Les appartements sont sous-loués, divisés en mini-territoires avec salle de bain et cuisine communes. Des immeubles entiers abritent des copains de copains de copains. Une vie en communauté s’y instaure et se débrouille avec le délabrement des lieux que les propriétaires laissent pourrir pour un jour s’en débarrasser dans une vaste curée immobilière. Certains immeubles échapperont à la mort. On les retape, on les repeint, les loyers flambent et les bobos berlinois viennent y poser leurs futons et leurs i-Mac entre deux vols internationaux.De retour à Paris, je me suis mis aux premières répétitions pour ma tournée 2003. Il y aura Arnaud Méthivier à l’accordéon, Pierre Mortarelli à la contrebasse et François Lebleu aux batterie, percussions et claviers. Le chanteur assurera les guitares nécessaires. Ces répétitions me font un bien fou. Tout se passe facilement, simplement, dans l’évidence. Tout le contraire de mon quotidien d’otage d’une société foldingue qui s’emballe comme un moteur en surchauffe qu’on ne sait pas arrêter.
C’est Noël. Je vous propose une histoire pour enfants, La Mémoire En Voyage, illustrée par Stéphane Girel, en attendant la sortie du livre, Mathieu + Thomas en février.
Bonnes fêtes ! (N’achetez pas trop de conneries)


À suivre...