Panorama
2009
Les éléphants
(Kent Cokenstock / Arnaud Méthivier)
Une nuit dans un rêve j’ai vu ce qu’est la vie
Un chemin dans la savane sous un ciel insoumis
Jalonné de boutiques où derrière des vitrines
Brillent des porcelaines ornées d’opaline
Belles porcelaines aux tendres harmonies
Vases délicats de promesses sertis
Que deux éléphants cherchant à se rejoindre
Brisent en morceaux en tentant de s’étreindre
Ce sont nos amours, ces vases en équilibre
Entre la passion et l’envie d’être libre
Nous, les éléphants, maladroits empotés
Traversons des vies jonchées de pots cassés
Moi, qui suis jeune à voir, qui suis jeune à vivre
Qui veut des lendemains en peinture naïve
Comment puis-je bien croire que sous mon épiderme
Se cache le cœur lourd d’un pauvre pachyderme
Triste pachyderme qui remue de la tête
En pleurant le vase qu’il a réduit en miettes
Ses trop grosses pattes cherchent à recoller
En le caressant le beau vase brisé
Refrain
Et pourtant je connais bien des pièces de musée
Qui durent toute une vie sans même s’ébrécher
Certains éléphants disent : "Y’a pas de mystère
Un vase aussi parfait, ça sent le faussaire"
Pour un coup de cœur devenu coup de tête
L’objet de valeur passe par la fenêtre
Brisé le ménage au pied d’une table rase
Mort à la brocante le plus joli des vases
Refrain
Éditions Thoobett / Warner
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