Le mur du son
1987
Après Embalao j'ai décidé d'arrêter la bande dessinée qui occupait le plus clair de mon temps depuis cinq ans, afin de me consacrer exclusivement à la musique. Je vivais sur un acquis d'ex-Starshooter dont je ne voulais plus entendre parler, la nostalgie de son propre passé étant tout à fait néfaste à la création.
Il fallait que je m'impose en tant que chanteur seul.
Je recommençais à faire un peu de scène. J'avais réussi à monter une équipe de musiciens divers. Je suis parti avec eux enregistrer mes nouvelles chansons à Bruxelles. Barclay m'avait délégué un producteur que j'appréciais mais avec qui je n'avais pas eu le temps de préparer quoi que ce soit. Si bien qu'après deux jours de studio, j'ai dû lui demander de partir.
L'album a été sauvé grâce au talent des musiciens et de l'ingénieur du son qui se trouvait être aussi réalisateur. Lors de ce séjour bruxellois j'ai fait la connaissance de Jeff Bodart, alors chanteur des Gangsters d'Amour. Leur nom est inspiré du titre d'une chanson de Starshooter. Nous sommes devenus instantanément amis. Les Gangsters d'Amour font les coeurs sur quelques chansons.
Aujourd'hui encore j'ai du mal à écouter posément ce disque ainsi qu'Embalao. Ils me rappellent une longue période d'errance et de frustration. "Ma vie est à louer", "Le mur du son" et "Dis pas ta vie" traduisent très bien le malaise dans lequel j'étais. Un titre, "Isadora Duncan Danse" a eu un succès d'estime.
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